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Le club Lecture se réunira autour du Livre de Marie Vingtras, Blizzard, le Jeudi 25 juin 26

Résumé de l’éditeur: Le blizzard fait rage en Alaska. Au cœur de la tempête, un jeune garçon disparaît. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance à sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrénée contre la mort s’engage alors, où la destinée de chacun, face aux éléments, se dévoile.
Résumé de l’éditeur: Le blizzard fait rage en Alaska.
Au cœur de la tempête, un jeune garçon disparaît. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance à sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrénée contre la mort s’engage alors, où la destinée de chacun, face aux éléments, se dévoile.
Critique: Les quatre protagonistes de ce roman choral donnent de la voix tour à tour, malgré leur caractère taiseux. Les focalisations s’alternent, les mémoires se délient, laissant couler un filet de souvenirs qui inonde lentement le présent, venant disséminer des bribes d’indices sur la croisée des destins, sur ce qui lie ces quatre hommes et femme. Bess a perdu l’enfant dans le blizzard, et le froid ravive son passé, les blessures enfouies, le manque du soleil californien si chaud qu’il brûlait sa peau. Benedict, quant à lui, s’affole, sort dans le vent, brave la neige et traîne Cole, vieil homme rustre et primitif, à sa suite, bientôt
envahi par ses démons, par sa crainte de perdre sa deuxième famille : il veut retrouver son fils et la jolie rousse. Quant à Freeman, il ignore tout des pérégrinations glacées de ses voisins, et se remémore son passé de militaire, ses failles de vétéran pourtant chanceux. Ils tournent en rond, aveuglés par leur histoire et par les tourbillons cotonneux qui les enveloppent d’un linceul gelé. Chacun porte de lourds secrets, si lourds qu’il semble presque étonnant qu’aucun ne soit un pécheur moins sérieux, un Atlas moins courbé sous le fardeau de leurs fautes d’hier et de leur culpabilité.
Marie Vingtras parvient, notamment grâce à la construction de son récit, à donner peu à peu de la profondeur à ses protagonistes, à les rendre touchants. Leur biographie se dessine doucement, s’esquisse à coups de crayon délicats
et soignés, ce qui permet d’éviter toute monotonie, tant au niveau rythmique que narratif. En outre, la plume de la primo-romancière évolue au fil des pages, se chamarre, se débarrasse des doubles négations, pourtant nécessaires en français, et de toute légèreté quand Cole devient narrateur, se pare d’une patine de tristesse lorsque Benedict le relaie, d’une nostalgie résignée, alors que Freeman le remplace, et devient à la fois insouciante et coupable tandis que la voix de Bess efface les autres. Brillant, Blizzard a cette inconstance harmonieuse qui permet à un récit de garder son lecteur alerte, de laisser les limbes de mystère s’éclaircir par toutes petites touches ensoleillées, comme un ciel laiteux et invisible derrière le maelstrom de flocons qui, peu à peu, se colore d’éclats bleu roi.
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